Vu sur le Nunavut

Ethel Côté's picture

Depuis quelques années, j’ai le privilège de travailler avec un groupe de gens novateurs, dynamiques qui n’ont pas froid aux yeux. Contre vent et marée, ils ont toujours retroussé leurs manches, regardé froidement le contexte, analysé les enjeux et exploré les diverses stratégies, les initiatives, les partenariats à mettre en place pour contribuer au développement structurant de l’ensemble de la communauté nunavoise.

Daniel, Dominique, Étienne, Suzanne, Danielle et plusieurs autres sont des francophones convaincus et engagés. Même s’ils vivent 1 année, quelques années ou toute une vie au Nunavut, ils s’investissent pour vivre pleinement et faire une différence. En période de crise économique et écologique, chaque initiative qu’ils entreprennent, que cela soit le développement d’une coopérative à partenaires multiples en tourisme responsable, de formations en tourisme d’apprentissage, la promotion d’écotours, le développement d’un grand centre multiservices vert, s’inscrit dans l’économie citoyenne, manifestation des pratiques inuits traditionnelles et du développement durable au Nunavut.

Toutefois, cette économie à visage humain dépend de la résilience de la communauté, de sa capacité de se prendre en main, de réaliser des initiatives socioéconomiques répondant aux besoins et aspirations des citoyens et citoyennes du Nunavut et cela en respect des valeurs, des cultures, du patrimoine et de l’environnement. Reconnaissant l’envergure du mouvement mondial en transition et les enjeux critiques du Grand Nordet après avoir accompagné Carrefour Nunavut soit lors de leur planification stratégique, de l’élaboration de plan d’affaire d’un premier Centre multiservices vert, de la réalisation d’étude de faisabilité et de plan de mise en marché pour des stratégies et des initiatives en tourisme responsable, j’ai initié le directeur général, Daniel Cuerrier, au mouvement des villes et villages en transition. Après s’être rapidement procuré le Manuel de transition, avoir suivi la première formation en français en mars dernier, ce leader visionnaire s’est empressé dès avril dernier d’organiser une mission exploratoire d’information et de discussion préliminaire à Iqaluit avec le CCRC-CCCR.

L’initiative de transition semble arriver à point nommé, car elle lève le voile sur l’importance de l’engagement de a communauté dans la confirmation d’une vision positive de son avenir et dans la réflexion et l’action à entreprendre pour se donner les moyens de s’épanouir et de se développer de façon durable. Plusieurs explorent des avenues pour tenter de faire face aux changements climatiques, gérer adéquatement les matières résiduelles, réduire la dépendance aux produits pétroliers et favoriser l’autonomisation (empowerment) tant des individus que des collectivités, toutefois Carrefour Nunavut a constaté qu’il manque un espace de discussion communautaire pour améliorer la résilience de la communauté et réduire sa consommation d’énergie tout en s’assurant de satisfaire à ses besoins en matière d’eau potable, de nourriture, de logement et de transport. Cet espace, ce lieu de concertation encouragera aussi le partage des expériences acquises d’une variété d’acteurs tant des secteurs public, privé que social et permettra de décupler les retombées des initiatives qui seront mises en oeuvre.

Avec l’appui du CCCR-CCRC, en collaboration avec plusieurs partenaires Nunavois, Carrefour Nunavut soutient les efforts pour créer cet espace, ce lieu de réflexion et d’action. Comme le mentionnait M Cuerrier, « avec un focus sur le renforcement des capacités communautaires, l’initiative de transition permettra aux citoyens ordinaires de travailler à l'avènement de changements positifs au sein de leur collectivité. L’actualisation du mouvement en transition au Nunavut permettra l’élaboration de modèles et de solutions issus de la base, et favorisera l’interconnexion des actions et la mise en réseau des groupes existants. »

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